L’Omnium Banque Nationale entre dans sa phase la plus piquante avec les huitièmes de finale, et le week-end s’annonce chargé à Montréal comme à Toronto. Entre le tableau masculin qui a déjà été bousculé et le tableau féminin où les favorites avancent à bon rythme, plusieurs scénarios restent possibles.
Les matchs des samedi 8 et dimanche 9 août décideront quelles joueuses et quels joueurs se rapprocheront du carré d’as. Dans ce contexte, les partisans auront droit à un mélange de puissance, de surprises et de pression locale bien sentie.
Le calendrier du week-end à retenir
Les huitièmes de finale se jouent sur deux jours, avec des séances de jour et de soir dans les deux villes hôtes.
- Montréal : matchs au Stade IGA, avec des séances de jour à 12 h 30 et des séances du soir à 18 h.
- Toronto : séances de jour à 12 h 30 et séances du soir à 19 h.
- Les horaires détaillés sont annoncés la veille, puisque la durée des matchs précédents peut tout changer.
- Les gagnants du week-end accéderont aux quarts de finale, prévus les lundi 10 et mardi 11 août.
En pratique, chaque séance pourrait rapidement basculer si une rencontre s’étire en trois manches ou si le vent s’invite sur les courts extérieurs.
Montréal : un tableau masculin sans filet
Le tournoi masculin a perdu plusieurs poids lourds très tôt, ce qui a transformé le tableau en terrain ouvert. Alexander Zverev, Daniil Medvedev, Taylor Fritz et Andrey Rublev ont tous été sortis dès leur premier duel, tandis que Félix Auger-Aliassime a dû renoncer à cause d’une douleur au dos.
Ce genre de série d’éliminations change tout. Au lieu d’un scénario attendu, Montréal offre maintenant une course où la confiance peut peser aussi lourd que le classement.
| Joueur | Fait marquant | Lecture du parcours |
|---|---|---|
| Ben Shelton | Victoire 6-3, 7-5 contre Jenson Brooksby | Son service et sa prise de risque collent bien aux surfaces rapides |
| Casper Ruud | Triomphe 6-1, 6-2 face à Juan Manuel Cerúndolo | Moins attendu, mais assez complet pour exploiter un tableau dégagé |
| João Fonseca | Victoire marquante contre Stefanos Tsitsipas | Sa puissance et son aplomb en font une menace réelle |
| Arthur Fils | S’est imposé en trois manches contre Zachary Svajda | Son profil athlétique convient bien au rythme montréalais |
Dans ce contexte, le parcours de Ben Shelton attire particulièrement l’attention. Le champion en titre n’a pas seulement de l’élan; il a aussi la réputation d’imposer un rythme brutal dès qu’il trouve sa première balle.
Casper Ruud demeure un autre nom crédible. Son bagage sur surface dure n’est pas aussi spectaculaire que celui de certains rivaux, mais son calme et sa discipline lui donnent une vraie chance d’aller loin.
Pourquoi Ben Shelton reste la cible à battre
Shelton arrive au Canada avec le poids d’un titre à défendre. Son sacre de 2025 lui a offert un premier grand trophée de catégorie Masters 1000, et cette réussite a changé la perception qu’on a de lui.
Il n’est plus vu comme une simple surprise de tournoi. Désormais, il fait partie des joueurs qu’il faut battre en fin de parcours.
Son style est direct : gros service, intention offensive et volonté de conclure vite. Quand tout fonctionne, il peut écourter les échanges et mettre ses adversaires sous pression dès la mise en jeu.
Le revers de cette approche, c’est le risque d’irrégularité. Si Shelton précipite trop certains points, un joueur plus patient peut l’amener à forcer la note.
Les outsiders qui ont déjà changé le décor
Le tournoi masculin a aussi été marqué par l’émergence de joueurs capables de profiter de la moindre ouverture. Le cas de Tallon Griekspoor en est un bon exemple : après avoir perdu la première manche contre Zverev, il a renversé la situation pour s’imposer en trois sets.
Cette victoire a une valeur énorme. Battre une tête de série numéro un dans un tel tournoi donne une assurance difficile à acheter.
João Fonseca a lui aussi envoyé un message clair. Son succès contre Tsitsipas confirme qu’il possède déjà les outils pour déranger des joueurs établis, surtout dans des matchs où l’énergie et le courage comptent autant que l’expérience.
Arthur Fils, pour sa part, apporte une combinaison intéressante de vitesse, de couverture défensive et d’explosivité. Sur un court où les échanges peuvent s’emballer, ce type de profil devient vite dangereux.
- Griekspoor a gagné en crédibilité avec un renversement spectaculaire.
- Fonseca impressionne par la lourdeur de ses frappes.
- Fils peut faire dérailler un plan de match par sa mobilité.
- Ces trois joueurs profitent d’un tableau masculin très fragmenté.
Toronto : les favorites gardent le contrôle
Le tableau féminin a été plus stable, même si quelques matchs ont demandé plus d’efforts que prévu. Aryna Sabalenka, Elena Rybakina, Jessica Pegula, Coco Gauff et Mirra Andreeva ont toutes franchi le premier obstacle et poursuivent leur route avec des ambitions élevées.
Sabalenka reste la joueuse la plus menaçante du lot. Son départ solide contre Moyuka Uchijima, gagné 6-3, 6-3, a prolongé sa série de victoires sur surface dure et confirmé sa forme actuelle.
Son service, sa puissance en retour et sa capacité à dicter l’échange font d’elle une référence immédiate à Toronto. Une bonne fin de tournoi pourrait aussi lui permettre de conserver le sommet du classement mondial.
Rybakina, Gauff, Pegula et Andreeva sous la loupe
Elena Rybakina a eu besoin de trois manches contre Daria Kasatkina, dans un duel où elle a autant frappé fort qu’elle a concédé trop d’erreurs. Le résultat rappelle qu’elle peut être redoutable, mais aussi parfois instable lorsqu’elle cherche à forcer le tempo.
Coco Gauff a ouvert son parcours avec une victoire nette en deux sets, sans toujours dominer chaque échange. Sa vitesse latérale et sa défense restent toutefois des armes très efficaces lorsque les points se prolongent.
Jessica Pegula a montré du caractère en renversant Magdalena Frech après avoir perdu la première manche. Ce genre de victoire colle bien à sa réputation de joueuse expérimentée, capable de s’ajuster au fil du match.
Mirra Andreeva a peut-être offert le passage le plus convaincant du groupe de tête. Son 6-0, 6-2 contre Karolina Pliskova en moins d’une heure a rappelé à quel point elle sait déjà gérer une rencontre avec maturité.
L’espoir canadien repose sur Leylah Fernandez
Chez les Canadiennes, Leylah Fernandez est devenue la dernière survivante du simple. Son match contre Renata Zarazúa a été propre, agressif et contrôlé du début à la fin.
Devant le public du court central, la joueuse de Laval a signé une victoire de 6-2, 6-2 en prenant rapidement l’avantage dans les échanges. Elle n’a concédé son service qu’une seule fois et a multiplié les bris au bon moment.
La suite sera plus exigeante, puisque Elise Mertens se présente comme une adversaire solide, patiente et capable de rallonger les points.
Pour Fernandez, la clé reste claire : frapper tôt, varier sans hésiter et garder l’initiative. Quand elle impose ce rythme, elle devient beaucoup plus difficile à contenir.
Dans un tournoi où plusieurs favoris ont déjà trébuché, la régularité pourrait devenir l’arme la plus précieuse.
Ce qu’il faut surveiller jusqu’aux quarts
Le tableau masculin de Montréal peut encore produire plusieurs surprises. Shelton et Ruud arrivent avec des arguments sérieux, mais Fonseca, Fils et Griekspoor ont déjà prouvé qu’ils pouvaient faire tomber des noms plus imposants.
À Toronto, la hiérarchie semble plus stable, mais rien n’est acquis. Sabalenka veut rester au sommet, Rybakina cherche à trouver son niveau le plus tranchant, Pegula sait gérer ce tournoi mieux que la plupart de ses rivales, et Andreeva avance avec un aplomb de vétérane.
Pour le public canadien, l’attention se tournera surtout vers Fernandez. Si elle poursuit sur cette lancée, elle peut maintenir un intérêt local fort dans une édition où les autres espoirs canadiens ont déjà été freinés par les blessures ou les éliminations.
Le week-end devrait donc servir de tri sévère. Au terme de ces deux journées, il ne restera plus que huit joueurs et huit joueuses, et le portrait du tournoi sera beaucoup plus clair.
